Kikoo les tasspé !
Eh oui, pendant presque un mois vous avez cru vous être débarrassés de nous hein, avouez bande de coquines hargneuses (déjà on vous pardonnera jamais de n’avoir lâché AUCUN comm’ sur le premier article de l’année 2007 posté sur GA, notre amie californienne Vanessa qui chie trois litres de merde liquide dans le jacuzzi !!!).
ChapiChapopo s’absente pendant un mois et dès son retour tout le monde l’acclame comme un empereur romain sous un arc de triomphe, comme Sarkoko applaudi à Bercy et pour nous, nada, rien, niet, pas une allusion, pas un pleur, pas un poème, même pas un sonnet !! (sales batards va !).
Bref, Poupette, Félindra, Quequette, Bijou et moi-même (la plus belle) on est partis en vacances : on a hésité à faire un safari photo au Kenya (Bijou voulait ramener des peaux de zèbre pour décorer son salon et des défenses d’éléphant pour la chambre : il parait qu’on peut jouer aux braconniers et tuer des girafes, des gnous et autres zébus, dans un enclos, à moitié drogués, trop délire le jeu !), et finalement comme on est un peu fauchés (faire le tapin ça rapporte plus autant qu’avant, maintenant que je suis majeur !) on a décidé de voir d’autres animaux dans leur milieu naturel, les SDF sur le canal Saint-Martin : c’est ultra dépaysant, on peut les approcher de près (petit défaut, à signaler au tour opérateur, il n’y a pas de distributeur de foin et de peanuts pour les nourrir, comme au zoo de la Palmyre, où j’aime à gaver jusqu’à étouffement le vieux et moche népuceaumucène)
“Un SDF de dos hors de sa tanière, chut, il ne faut pas faire de bruit pour ne pas l’effrayer, prière de ne pas taper sur les vitres »
Encore plus d’adrénaline qu’un saut en parachute, que les soldes chez Dior ou qu’un post de Chapichapo, on a le droit de passer la nuit avec eux, dans leur tentes Quechua luxe prenium, avec tout le confort : sol en béton armé, petit-déjeuner biscottes eau sucrée, ambiance sonore péniches, soirée chaleureuse entre amis autour d’une bouteille de pinard Lidl.
En tout cas y’avait la queue, tout le paris bobo – sautoir de perles autour du cou, frange recouvrante, pantalon serré, converse, t-shirt american apparel, tous les fans de Philippe Katerine – trop hype quoi (le magasin Colette rue Saint-Honoré va faire faillite, elle perd ses clients).
J’veux bien expérimenter dess sensations fortes, mais faut pas abuser non plus, il me faut le minimum vital (sous peine de mort subite) : un matelas rembourré en plumes de paons indonésiens, une connexion wifi, ma coiffeuse et ma trousse de toilettes Elite Model Paris, mon frigidaire électrique (pour mon masque nocturne, faut conserver les tranches de concombres au frais), ma garde robes (je vais quand-même pas dormir en doudoune puante Lafuma comme eux non ???).
“Ma tente a de la gueule non? Pour vivre heureux, ne vivons pas trop près du peuple ».
Il a tout de même fallu que je sécurise l’entrée, au cas où qu’un SDF ne vienne m’adresser la parole, j’ai installé une sorte de parloir plastifié, avec un interphone, histoire de ne pas choper la lèpre ou la peste.
“La tente de mon chien Quéquette”
Oui car j’ai emmené mon chien de race, afin qu’il puisse partager la souffrance des plus démunis (il faut dire aussi qu’il est habitué à des repas gourmets à base de truite blanche d’Alaska, servis dans une écuelle en or fin). Après cette terrible expérience je l’emmènerai en Martinique pour lui changer les idées et lui remonter le moral, pauvre amour va !
Ce séjour nous a permis de rencontrer de grands humanistes, à l’instar d’Augustin Legrand (un très célèbre acteur, qui a notamment interprété le personnage principal de Grease dans la salle des fêtes de Bouffémont, Val-d’Oise, et qui a obtenu le premier prix d’art dramatique de la terminale L théâtre de son lycée).
La tente d’Augustin Legrand, humaniste au grand coeur, au service des plus démunis
Augustin, en pensée : “J’espère que les caméras me filment bien, j’aimerais avoir un rôle au théâtre, au ciné, à la TV, n’importe où… ».
Ce fut une expérience inoubliable, ces trois heures sont vite passées, j’ai à peine eu le temps de regarder les feux de l’amour et de me recoiffer.
Je ne comprends pas pourquoi les SDF s’obstinent à vivre dans la rue, alors qu’il y a tant de choses à faire sur Terre, de boutiques à visiter, de queues à sucer…
Une chose est sûre, si c’était à refaire, je ne les inviterai pas chez moi !